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Hello, voici venu l’heure du Bilan (tchh tchh) 2019, après celui de 2018.
Cela fait 2 ans que je suis indépendant dans le milieu de la conception publicitaire, oui comme dans 99F (ça résume pour ma cousine comptable) sauf qu’il ya moins de coke, de putes et d’argent…reste les réunions et les retours clients.

TLDR : C’est cool, je continue.

Je vous livre ici mon analyse de free-lance sur une 2019, du point de vue des revenus, de la création, des prix, des horaires, des délais, des espérances, des échecs, des doutes, de tous les cris, les sos partout dans la ville…

Et ça m’économise une séance chez le psy.

C’est le genre de bilan que j’aurais aimé pouvoir lire avant de me lancer en free, donc c’est aussi pour les collègues qui se questionnent, d’ailleurs, amis free, n’hésitez pas à faire de même, je serais ravi de lire vos expériences.

LA THUNE

Ne PAS parler d’argent/salaire cela arrange surtout les DRH et les non-augmentations de l’entretien annuel. Donc échanger sur les salaires/revenu, c’est positif. Les chiffres suivants sont en brut, enlevez 25% à 40% selon le statut social pour un net.

Pour le contexte j’ai 35 ans et 10 ans d’expérience, une quinzaine d’awards et 2-3 agences dans le cv. Je facture en brut 600€/jour (en moyenne), comme en 2018, je ne me suis pas auto-augmenté donc. De ce que je vois autour de moi, cela oscille entre 500 et 700 avec une tendance à la fourchette basse.
MAIS, c’est un montant plutôt cool si on bosse assez, oui c’est toujours le même jeu, arriver à bosser ‘assez’.
Avec 20 j/mois -> 12000 brut -> 8000 net ( à peu près)
Combien de fois j’ai réussi à bosser 20 jours en un mois ?

0 fois.

Au mieux j’ai parfois 2 sujets en même temps, mais c’est rare. (les rédac peuvent plus facilement jongler entre différents projets). En moyenne les missions durent entre 5 et 15 jours, donc on se retrouve souvent avec des jours non travaillés, un vendredi par là, un mercredi par ci, cela fait plein de petits trous dans la compta. Ce que l’on va appeler par la suite « du temps libre pour les projets perso » 🙂

En 2019 j’ai fait un mois à 600€ (en janvier autant dire que ça donne envie de continuer) et un mois à 11k, c’est dire la variabilité du revenue. (sans parler du mois d’aout en vacances avec les enfants à 0€). D’après mes estimations et pour donner un point de comparaison, d’anciens collègues au parcours similaire oscillent entre 6k et 8k brut pour les créas, et + pour ceux qui sont déjà DC (Les créas les mieux payés tournent entre 10 et 13k€).

Il y a plus, il y a moins, et c’est beaucoup d’argent à l’échelle nationale, j’en suis conscient. Les directeurs de créations ont des salaires qui peuvent varier de 8 à 20k euros par mois (et des primes, parts, notes de frais), mais il y a peu de DC en France (comparé aux 65 000 avocats par ex). Et je parle même pas des footballeurs dont c’est le revenu journalier, voir horaire.

Donc pour ma part en 2019 j’ai facturé autant qu’en 2018, peu près 72000€ brut …. soit, avant impôt, un 4 500€ net (0,18 % des plus riches dans le monde), et ça comporte à peu près 3 mois de temps libre, en cumulé.

ouai c’est irrégulier.

Mais à Paris le salaire moyen des cadres c’est 4 500€ net par mois (ya des très gros salaires à Paris qui niquent la moyenne aussi, le médian est plus proche des 3 000€).
À savoir que ça c’est l’argent que je comptabilise quand il arrive sur mon compte, ça prend entre 2 et 4 mois pour arriver à se faire payer.
Avec un budget limite en fin de mois, il faut bien provisionner. Et impossible de savoir ce qui arrivera le mois prochain, du fait de cette volatilité, pour emprunter de l’argent à la banque c’est mort, ou alors pas avant 3 ans de bons bilans.

Pour la comparaison avec les CDI : la mutuelle est à votre charge, les vacances aussi évidemment, et plein de petits postes de dépense (la comptable, les abonnements, les transports…), pas de treizième mois, de participations…et en CDI vos fiches de paient inclus les impôts maintenant.

LA SOCIABILITÉ

C’est parfois un manque, le tissu social, la vie d’agence les discussions à la machine café avec le même groupe qui devient au fil des mois/années des amis. En free on passe d’une agence à l’autre et on rencontre plus de personnes, même si c’est moins intense.

Ma femme est indépendante (chasseuse d’appart -> agence pepite.com) et donc souvent à l’appart avec moi, cela enlève le poids de la solitude du free, je pourrais aussi bosser dans un atelier, mais ça reviendrait un peu à recréer des horaires de bureau, ce que je ne cherche pas pour l’instant.
La mobilité est un point important, un certain sentiment de liberté. De même bosser 3 mois dans une agence pour un long free ce n’est pas la manière avec laquelle j’ai envie de vivre le free.

Comme on est souvent à distance, on est rarement tenu au courant de la suite des projets et il faut relancer pour savoir comment s’est passé la prez client. Depuis quelques années et l’explosion des espaces de co-working la situation s’améliore un peu, à Londres (par ex) les free sont bien plus installés (et payés) qu’en France, mais la situation s’améliore.

LA CRÉATION

J’ai mis quelques projets dans mon doss mais en free on fait souvent une croix sur les awards et les sujets de gros annonceur créatifs, forcément et logiquement trustés par les équipes internes.
En 2019 j’ai bossé sur 20 projets via 15 agences, de toutes tailles, et avec différents rédacs (big up Paul, Guillaume, JC, Rémi, Didier, Thierry…) voir parfois tout seul en CR&DA.

Et 80% du temps ce qui est demandé c’est une big idea, décliné en film /print /activation. Et une fois que l’idée est vendu au client, l’agence prend le relai pour la prod avec ses équipes internes, c’est le jeu. Parfois il n’y a pas de DC dans l’agence à ce moment là, donc on a aussi ce rôle, pareil avec le planning ‘créatif’. J’ai aussi appris a faire des prez’ abouties (Google Slide et Keynote Game) qui dépasse la simple prez’ créa.

Et à ceux qui me demandent (principalement ma mère) ‘pourquoi tu n’essaies pas de monter une boite de pub?” ça demande d’avoir un.e associé.e commercial.e et une envie de se taper de l’administratif/finance ce qui n’est pour l’instant pas mon cas, et démarrer avec un annonceur c’est mieux.

Il y a toujours un petit pincement au regard de ceux de ma génération qui ont continué en agence et qui avancent bien. Que ce soit des à postes de DC ou qui sortent de chouettes prods (big up Dimitri, Jordan, Antoine, Adrian…) en se demandant ce que ça aurait donné si j’avais eu envie de continuer la-dedans.
Pas mal de free retournent en agences au bout de quelques mois/années, soit parce que c’était juste une situation temporaire entre 2 cdi, par lassitude, ou pour une super opportunité. Il y a aussi ceux qui s’éclatent dans de plus petites structures (big up Dino, David, Alex…) et qui y sont bien. Et quelques free, qui sont ravis de l’être, ne cherchent pas à retourner en agence.
Je communique peu sur mon statut d’indépendant (ce post annuel quoi) même si via « C’est qui les Créas ? » (quelques milliers de lecteurs par mois) mon nom ressort de temps en temps, mais ce n’est pas la même casquette que celle du créas, moins utile que l’on pourrait penser. C’est un axe à développer…

Pour bosser en free avec Londres/Amsterdam, ça demande souvent d’être présent sur place pendants des semaines aux horaires de bureau et ça avec la mif’ c’est compliqué.

À Paris, il y a encore des dizaines d’agences avec qui je n’ai jamais bossé et aucun sujet en direct avec les annonceurs, il y a là une marge de progression, faut avoir les contacts magueule (-> gregory@ferembach.com)

Je donne aussi toujours des cours dans une école de pub (Sup de Création) mais c’est quelques heures par-ci par-là.

Ce dont je suis le plus content, ça reste les projets persos concrétisés (l’ADvent Calendar, PA+NA+ME, CapuCaro, CQLC?, les tee-shirt…). J’ai créé un e-shop sur mon site et je vais pouvoir le remplir plus régulièrement au fil de l’année 2020 si tout va bien.

CONCLUSION

Si quelqu’un cherche un créa, envoyez leur ce site -> Ferembach.com
Merci.

Greg.

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